Rouge
- Art Plastique
Dans la série Rouge, présentée en duo avec Mario Ferretti, l’image se cristallise comme si le beau était suspendu dans l’eau, le sel ou le temps lui-même.
Mathilde Nardone capte un état du végétal sur la vitre du scanner : une apparition lente, presque résistante, où l’image met du temps à advenir. Elle devient tension, attente, suspension.
Ce temps fragile est ensuite prolongé et transformé par Ferretti, dont le rouge vient traverser la lecture de l’ensemble. Le sculpteur plonge les fleurs dans le bronze, opérant une coulée qui consume le végétal pour en fixer l’ombre durable dans la matière.
De cette disparition naît une présence nouvelle : le végétal n’est plus matière, mais empreinte, mémoire solidifiée dans l’espace.
Rouge se construit ainsi comme un dialogue entre photographie et sculpture, entre apparition et disparition, autour du temps, de la mémoire et de leurs formes de suspension.